Mercredi 16 avril 2014 3 16 /04 /Avr /2014 15:45

Nous voici au seuil du triduum pascal, le sommet de l’année liturgique. Nous sommes invités à y entrer par le porche de la réconciliation. Partout s'organise des célébrations du sacrement de réconciliation. Dans les communautés de vie, c'est aussi le moment d'une réconciliation communautaire, d'un pardon, d'un merci entre frères et soeurs.

On peut s’étonner de cela, en se disant, mais l’heure est à la contemplation de l’œuvre de Dieu, de la Passion de Jésus. Alors pourquoi maintenant se tourner les uns vers les autres ?

Je crois qu’il n’y a qu’une réponse à cela, enfin, disons, il y en a une essentielle à mes yeux. La voici : si nous contemplons Dieu, si nous nous tournons vers lui, tel qu’il se révèle en Jésus, tel que Jésus nous le révèle : Trinité d’amour, nous sommes immanquablement ramenées à la contemplation de l’humanité au cœur de notre Dieu.La réconciliation fraternelle clarifie le regard.

Dieu est Trinité et au milieu de la Trinité il n’y a pas Dieu. Au cœur de notre Dieu, au centre de son attention, il n’y a pas Dieu, mais sa création, l’humanité. Au cœur du mystère de la Passion de Jésus, visage de la Passion de la Trinité, il n’y a pas Dieu, mais l’humanité.

Si nous contemplons Dieu, par le biais des évangiles tout spécialement, nous sommes invités, pressés, d’entrer dans son regard, dans son amour. Et son souci, son amour, sa gloire, c’est l’homme vivant.

Jésus se donne par amour : amour du Père et amour de ses frères et sœurs, c’est tout un.

Aussi tandis que nous voulons nous laisser renouveler par son amour, en ces célébrations du mystère pascal, tandis que nous voulons renaître à sa vie, nous découvrons, que nous ne le pouvons sans renaître en même temps à notre humanité, à notre fraternité.  

Nos relations humaines deviennent comme les lunettes qui nous permettent de découvrir le visage de Dieu.

Entrer dans le triduum par une telle réconciliation reçoit ainsi tout son sens.

Nous partageons la passion de Jésus, en cherchant à bâtir toujours davantage la fraternité, en nous épaulant les uns les autres, sur le chemin de la vie, sur le chemin de la Pâque. 

Par sr Thérèse-Marie - Publié dans : La Parole, source d'espérance - Communauté : Puiser à la Source
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Dimanche 13 avril 2014 7 13 /04 /Avr /2014 09:43

Avec la foule accourue pour acclamer Jésus nous allons chanter: Hosanna. Autrement dit: Sauve-nous!

Il est bon de s'arrêter, de réaliser quel salut nous appelons ainsi. 

Nous entrons avec tous les chrétiens en cette semaine sainte, la grande semaine de l'année. Ensemble appelons ce salut, et accueillons-le.

Cette semaine n'est pas le temps pour faire pénitence, pour se tourner vers soi, c'est le temps pour s'ouvrir à l'amour de Dieu qui se donne. Contempler dans le récit de la Passion combien Jésus se donne, totalement, à tous, pour tous.

Accueillir cette révélation en toute notre vie.

Découvrir le visage de Dieu que Jésus nous révèle.

Un Dieu qui se laisse livrer en nos mains, un Dieu qui s'agenouille aux pieds des siens pour leur laver les pieds, pour préparer ainsi leur route d'errance devant le scandale de la croix, leur route de résurrection devant la vie jaillie du tombeau, leur route de disciple porteur de la Bonne Nouvelle.

Découvrir le visage de Dieu qui est pardon pour ses bourreaux, qui est soucieux de l'unité de notre humanité.

Se laisser habiter par ce visage, par cet amour.

Tu es chrétien, tu portes son nom, tu portes sa vie.

Belle semaine sainte à toi

 


Par sr Thérèse-Marie - Publié dans : La Parole, source d'espérance - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 24 mars 2014 1 24 /03 /Mars /2014 16:36

« L’ange du Seigneur fut envoyé par Dieu auprès d’une vierge appelée Marie… » Il l’a trouvée disponible, accueillante. Il est venu lui demander de collaborer à l’œuvre du Père. On comprend qu’elle en a été bouleversée. Beauté de son humilité, qui ose s’étonner, discuter avec le Seigneur : « comment cela va-t-il se faire ? »

« L’Esprit viendra sur toi », lui répond l’ange. Marie se fait tout accueil à l’Esprit.

« Je suis la servante du Seigneur ». Voilà ses titres de noblesse ! Servante ! par avance elle choisit le service tel que le vivra son Fils, Jésus, serviteur de Dieu et des hommes. Par avance elle nous dévoile quel sera son Fils.

Toi, aussi, tu es invité à collaborer à l’œuvre du Père. Accueilleras-tu sa demande ? Ne crains pas, l’Esprit viendra sur toi.

 

Belle fête à vous

Par sr Thérèse-Marie - Publié dans : Témoins d'espérance - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Samedi 15 mars 2014 6 15 /03 /Mars /2014 12:28

Méditation pour le 1er samedi de carême

 

Quand arrive le carême et que l’on fait le tour de ses dispositions, si on dit parfois : moi ce n’est pas possible je ne peux pas jeûner, on se voit difficilement dire : moi ce n’est pas possible je ne peux pas aimer… alors que le Seigneur ne cesse de nous y exhorter. Car ce qu’il demande, il nous le donne. Aussi il faut peut-être veiller à revenir encore et toujours au cœur. Comme le dit st Césaire d’Arles dans un de ses sermons, On ne nous dit pas : Allez vers l’orient et cherchez la charité ; naviguez vers l’occident et vous trouverez l’amour. C’est à l’intérieur de notre cœur, d’où la colère a coutume de nous chasser, qu’on nous ordonne de revenir... Ce n’est pas dans les pays lointains que se trouve ce que réclame de nous le Seigneur : c’est à l’intérieur de notre cœur qu’il nous envoie. Il a placé en nous ce qu’il demande[1]. En ce temps de carême, le Seigneur nous demande de revenir au cœur, c’est là qu’il nous donne rendez-vous. C’est là qu’il a déposé en nous son Esprit d’amour.

Oui, en revenant au cœur, nous vivrons de l’Esprit de Dieu, et la patience l’emportera sur la colère, la bienveillance sur l’envie, l’humilité sur l’orgueil. Si nous respirons du souffle que Dieu a mis en nous, nous aimerons de son amour même.

Que le Seigneur établisse nos coeurs dans le silence pour prier dans le souffle de l’Esprit, en toute vérité : pour nos ennemis, pour les ennemis de l’Eglise, pour les ennemis de l’humanité, les ennemis de Dieu. Que le Seigneur nous donne d'aimer de son amour même.



[1] Césaire d’Arles, Sermons au peuple, n°39 SC 243, p 229

Par sr Thérèse-Marie - Publié dans : La Parole, source d'espérance - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mardi 4 mars 2014 2 04 /03 /Mars /2014 21:13

Oui, souviens-toi que tu es poussière d'étoile,

et que tu retournes au Père des lumières!

 

Voici un nouveau carême, nous te le souhaitons heureux! Saint Benoît nous recommande de le vivre dans la joie du désir spirituel.

Qu'allons nous vivre avec le Seigneur? Qu'allons vivre avec toute la communauté chrétienne?  Il fut un temps où le carême se déclinait sous le mode : pas ceci, pas cela, pas... pas... et encore pas... C'est vrai qu'il faut des limites, des mesures, mais si au lieu d'attirer l'attention sur les limites on regardait la vie qu'elles balisent. Un fleuve sans berges devient un marécage, un fleuve enfermé dans des murs n'est plus qu'une citerne, un fleuve bordé de deux berges s'appuie sur elles pour prendre son élan et gagner l'océan.

Quelle vie va jaillir, ressusciter en toi, en ces jours de carême? oui, en ces jours, tu es appelé à la vie, à la vie en plénitude, une vie de désir, d'ardente faim et soif de Dieu.

Entre le jeûne, la prière et le partage, ta vie va s'élancer... tu vas goûter le bonheur d'un Souffle Nouveau.

Ecoute la voix qui t'appelle au plus profond de toi.

Entends le chant qui monte : aujourd'hui le Seigneur t'invite, aujourd'hui il t'appelle. Avec lui entre au désert, dans la brûlure du manque, ton coeur s'ouvrira à son amour.

Avec lui, tu graviras la montagne, tu es enfant bien-aimé. Ta vie sera lumière.

 

Heureux carême pascal à toi

Par sr Thérèse-Marie - Publié dans : Témoins d'espérance - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Source d'espérance

Réflexion et échange sur la source de notre espérance dans nos vies, dans l'Eglise, la société et le monde d'aujourd'hui. Un monastère bénédictin peut-il être porteur d'espérance? Ce blog se veut un simple partage de ce qui fonde notre espérance et nous fait vivre: la Parole de Dieu, la Liturgie, la Règle de saint Benoît, la vie monastique...

Petites miettes

Lectio divina

Avant de commencer de parler à Dieu dans notre prière, Dieu nous a déjà parlé dans la Parole de l'Ecriture sainte.

Aussi pour les moines, la lectio divina a toujours été le lieu privilégié de la rencontre de Dieu et de celle du Christ.

Saint Benoît réservait trois heures par jour à la lectio divina. Les moines lisaient ou la sainte Ecriture ou les Pères de l'Eglise.

Mais la lectio divina n'est pas une simple lecture destinée à enrichir notre savoir ou à nous fournir des informations; c'est une rencontre avec Dieu qui nous parle dans sa Parole.

Dans cette Parole apparaît l'image de celui qui nous parle et cette image est très personnelle.

Dans la Parole, nous pressentons quelque chose de l'originalité et de la nature la plus intime de Dieu qui ne cesse de nous rencontrer dans l'Ecriture comme celui qui nous exprime son coeur.

extrait de Prière et Rencontre, dom Anselme Grün, osb éd. Mediaspaul p.74-75

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