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Partage d'Evangile

Rendez à Dieu...

16 Octobre 2011 , Rédigé par sr Thérèse-Marie Publié dans #La Parole - source d'espérance

Méditation pour le 29ème dimanche du temps ordinaire, année A 2011

 (Is 45,1.4-6a ; Ps 95 ; 1 Thess 1,1-5b ;  Matth 22,15-21 ) 

Alors, vous payez vos impôts ? avec ou sans fraude ? bon allez, je ne vais pas faire une enquête à main levée !

Mais dites-moi que veut nous suggérer l’évangile d’aujourd’hui ?

Nous sommes après l’entrée de Jésus à Jérusalem, juste quelques jours avant sa condamnation et sa mise à mort. Nous devrions lire ce texte en pleine semaine sainte ! Dans les récits de la passion, en Saint Luc, les anciens du peuple, les chefs religieux, ont emmené Jésus devant Pilate et porté contre lui cette accusation : « Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ Roi ». Le récit d’aujourd’hui semble donc avoir nourri cette accusation.

Alors que se passe-t-il en fait ?

Face à l’impôt imposé par le pouvoir romain, les pharisiens ont tendance à résister, ils ne veulent pas se corrompre avec ces païens de romains (hé oui, à l'époque... les romains on les traitait de païens!!!). A l’opposé, les hérodiens sont acquis à la cause romaine, et préconisent la collaboration. Les zélotes font opposition totale. Bref, la question posée à Jésus est plus que piégée. Sa réponse ne peut que le mettre en difficulté avec un groupe ou l’autre.

Donne-nous ton avis, est-il permis oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? 

Jésus ne fait dans la dentelle au niveau de sa réponse première : il sait la perversité de ses interlocuteurs : il les traite d’hypocrites. A coté de la plaque autrement dit ! Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? pourquoi voulez-vous me tenter ? Les voilà démasqués, ils jouent le rôle de Satan !  Jésus aurait pu s’arrêter là. Mais il choisit de poursuivre. Et il commence de façon pour le moins humoristique : montrez-moi la monnaie de l’impôt. Car l’impôt ne se payait qu’avec une monnaie spéciale, impure, avec laquelle on ne pénétrait pas dans le Temple. Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Bien, c’est donc qu’ils en ont sur eux ! Ils utilisent donc la monnaie du régime romain. Et on est dans le Temple ! Voilà qui les met en cause !  Jésus poursuit : Cette image et cette inscription de qui sont-elles ?  De l’empereur César, répondent-ils.  Et Jésus conclut : Rendez donc à César ce qui est à César.  Remarquez : il ne dit pas payez ou donnez à César, comme la question lui avait été posée... mais rendez ! Vous jouissez du confort de la société romaine, vous utilisez sa monnaie, ses infrastructures. La société dont vous profitez vous donne non seulement des droits mais aussi des devoirs. Bref, Jésus ne conteste pas le fait de payer ses impôts.

Mais il poursuit et transcende la question : Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Jésus avait interrogé sur l’image et l’inscription figurant sur la monnaie... il s’agit de César, et l’inscription mentionne : « ô Tibère César, fils du divin Auguste »... Jésus après avoir fait rendre sa monnaie à César, le remet à sa place... il n’est pas Dieu ! C’est à chacun qu’il faut rendre ce qui est sien. Donc rendez à César ce qui est à lui, c’est normal ; mais rendez d’abord à Dieu ce qui est à lui. Et qu’est-ce qui est à Dieu ? Qu’est-ce qui porte l’image et l’inscription de Dieu ? Nous le savons depuis la première page de la Bible : Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance, homme et femme il les créa.

Voilà ce qui lui est dû à Dieu ! Et c’est ce que Jésus n’a cessé de répéter au long de sa vie prophétique.

Arrêtez ce commerce au Temple, arrêtez ces lois de pseudo-pureté qui à coup de parvis et séparations, écartent les petits, les pauvres du lieu de la rencontre. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu.  

Arrêtez ce pouvoir écrasant sur le peuple, souvenez-vous de cette parabole de la vigne que nous avons entendue il y a 15 jours. Où ceux qui avaient reçu mission de veiller sur la vigne, sur le peuple de Dieu, ont détourné le fruit de la vigne à leur profit. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu.

Voilà ce qui est à Dieu : son Fils, et en lui tous ses enfants, c'est-à-dire son Peuple.

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu... arrêtez aussi bien hérodiens que pharisiens ou romains, arrêter d’opprimer le peuple, arrêter de le poursuivre de vos lois et tracasseries. Arrêter de poursuivre le Fils de Dieu, de lui chercher malheur, il est à Dieu !

Jésus ici ne nous interdit nullement de nous occuper de politique et d’économique, il nous demande d’ordonner cet économique et ce politique à Dieu, à son projet divin d’amour pour tous.

Il remet en place la notion de pouvoir : un pouvoir, c’est un service, une mission ordonnée au plan du Dieu unique et vrai. Jésus l’avait rappelé à ses disciples, juste avant d’entrer à Jérusalem : Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands (aussi bien politiques que religieux) leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur !   

Alors rendez à Dieu ce qui est à Dieu, rendez à la vie les petits, les pauvres, qui sont ses images, restaurez la vie en eux. Voilà dans quel esprit vous vous demanderez si le pouvoir politique ou religieux est légitime ou non, dans sa manière d’honorer tous les hommes qui sont à Dieu !

Cherchez une vie de respect, où ensemble on construit la cité de manière telle que Dieu y soit honoré en chacun !  

Cela changera-t-il nos relations au quotidien ? c’est en tout cas l’invitation qui nous est lancée !

Luc 23,2

(litt. de donner)

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