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Partage d'Evangile

Qu'est-ce qu'il y aura pour nous?

11 Juillet 2012 , Rédigé par Sr Marie-Jean Publié dans #Témoins d'espérance

 

Solennité de Saint Benoît (2012)

 

 

« Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre :

alors, qu’est-ce qu’il y aura pour nous ? »

 

Cette question de Pierre que nous rapporte l’Evangile selon Saint Matthieu offre une belle porte d’entrée pour célébrer notre bienheureux père et fondateur Saint Benoît.

 

« Qu’est-ce qu’il y aura pour nous ? »

Dans le livre des Proverbes, un maître de sagesse invite son disciple :

« accueille mes paroles… garde mes préceptes… incline ton cœur vers la vérité »

Que lui propose-t-il ?

« si tu demandes le discernement, si tu appelles l’intelligence…

si tu creuses comme un chercheur de trésor…

alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu »

Par ces conseils, un chemin est frayé, une voie est balisée.

Cette proposition du sage est certainement une des sources de la Règle bénédictine.

On y retrouve l’appel du Prologue, où une invitation est pareillement lancée.

Le but à atteindre est identique de part et d’autre : la crainte du Seigneur, autre nom de l’amour, et la connaissance de Dieu.

En cette fête de Saint Benoît, cet extrait du livre des Proverbes synthétise le projet monastique.

Sur ce chemin, le disciple n’est pas livré à ses seules forces, il ne parcourt pas seul la route proposée.

Le maître le rassure :

« Dieu tient en réserve son secours, il est un bouclier pour ceux qui suivent la bonne route, il protège les sentiers de la justice, il veille sur le chemin de ses amis… »

Le disciple n’a donc rien à craindre !

En suivant cette route, il accédera au bonheur…

Tel est le message du Premier Testament.

 

Le psaume graduel proposé en ce jour par la liturgie ne nous étonnera guère, puisque le psaume 33 est particulièrement cher à Benoît.

Il y est aussi question de bonheur, d’un bonheur lié à Dieu :

« Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !

Heureux l’homme qui s’abrite en lui ! »

 

Et dans l’Evangile, nous découvrons la question que Pierre pose à Jésus :

« Qu’est-ce qu’il y aura pour nous ? »

Une double promesse est énoncée :

Aux douze apôtres, d’une part :

« Vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël »

Puis, d’autre part, une autre promesse s’adresse à tous les autres, à « tout homme qui aura quitté »…

« Tout homme » : cette formulation rappelle aussi le Prologue de la Règle qui s’adresse aux éventuels disciples par ces mots « qui que tu sois… ».

 

L’Evangile dit : « tout homme qui aura quitté à cause de mon nom… »

Le Prologue de la Règle dira : « qui que tu sois qui renonces à tes volontés propres afin de militer pour le Seigneur Christ »

 

De part et d’autre, un détachement en vue d’un attachement.

Que nous promet Jésus ?

De « recevoir beaucoup plus et d’avoir en héritage la vie éternelle »

 

Qu’est-ce que ce « plus » dans nos vies ?

On sait que la liste de Matthieu compte parmi les valeurs de tout être humain : la famille et les relations, la profession, les loisirs aussi et les biens matériels.

En cet Evangile, en cette Solennité de Saint Benoît, Dieu nous questionne, chacun et chacune :

« ne veux-tu pas plus que ces biens-là ? »

Certes, Dieu ne dévalue pas l’importance des personnes et des biens dans nos vies…

Lorsque Jésus, lorsque Benoît parle de renoncement, il ne veut pas faire mal, il ne veut pas nous couper de nos énergies vitales, mais il cherche à mieux nous attacher au Christ.

En effet, quand des attachements nous emprisonnent, quand les biens matériels nous obsèdent, ils ne servent pas notre bonheur mais sont un obstacle à une relation vivante avec le Christ.

Alors Jésus nous questionne…

Il veut nous libérer.

Il nous offre sa présence sur nos chemins de vie, pour plus de bonheur, pour déployer notre être, l’unifier, lui donner sa pleine mesure…

Jésus veut nous offrir le centuple !

 

Oserons-nous interroger nos vies, que nous soyons marié, célibataire ou consacré, pour y estimer la place qu’y occupe le Christ ?

Car la promesse de bonheur que nous indiquent les Proverbes, le psaume 33 et l’Evangile, Benoît l’a aussi inscrite dans sa Règle :

Ce que nous recevrons, c’est « ce qu’aucun œil n’a vu, aucune oreille entendu, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment »…

 

« Quoi de plus doux que cette voix du Seigneur qui nous invite » ?

 

 

 

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