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Partage d'Evangile

Le signe du temple

9 Novembre 2011 , Rédigé par sr Marie-Raphaël Publié dans #La Parole - source d'espérance

dédicace de saint-Jean-de-Latran

 

Quel sens cela peut-il avoir pour nous de célébrer la dédicace d’une basilique que la plupart d’entre nous n’ont jamais vue et qui se situe à des milliers de kilomètres d’ici ? Quel sens, sinon de nous rappeler notre appartenance à cette église universelle dans laquelle nous sommes entrés par le baptême et dont saint-Jean-de-Latran est un symbole fort ?

Cette basilique est la « première » (dans le temps et par l’importance) des quatre grandes basiliques romaines, elle est la cathédrale de l’évêque de Rome. Elle remonte à 320. Cadeau de l’empereur Constantin au pape Sylvestre. Elle a été détruite et reconstruite à maintes reprises au long de l’histoire. De chacune de ces époques, on trouve des traces dans le bâtiment actuel qui remonte au XVIIe siècle. Elle porte donc l’empreinte de toutes ces époques traversées. En cela aussi, elle symbolise l’église.

Comme toute cathédrale, Saint-Jean-de-Latran est un lieu où l’on vit les baptêmes. Concrètement, à Rome, le baptistère de Saint-Jean-de-Latran est un bâtiment octogonal assez grand, à côté de la basilique. Il remonte lui aussi à une époque très ancienne et, selon la légende, c’est là que l’empereur Constantin aurait reçu le baptême. Pendant des siècles, il fut le seul baptistère à Rome. Son architecture révèle la façon dont se vivaient les baptêmes dans l’Antiquité : on descendait quelques marches dans une sorte de piscine, on la traversait et on en ressortait de l’autre côté.

La vision d’Ezéchiel (première lecture) nous parle de l’eau qui jaillit du Temple. La symbolique est double. L’eau du baptême nous permet d’ « entrer dans » la pleine participation à la réalité ecclésiale (les nouveaux baptisés passent du baptistère à la basilique). Mais aussi : l’eau « sort » du Temple et irrigue, féconde, assainit tout ce qu’elle touche. Quand on est marqué par cette eau vivifiante, on devient à son tour porteur d’eau.

Nous savons que l’évangéliste Jean (l’un des deux patrons, avec Jean le Baptiste, du baptistère du Latran) affectionne lui aussi ce symbolisme de l’eau. Mais c’est un autre passage de Jean que la liturgie nous propose aujourd’hui.

Jean 2 : la « sainte colère » de Jésus dans le Temple. Cet épisode est raconté par les quatre évangélistes : on peut donc croire que cela s’est réellement passé. Mais d’après les synoptiques, cela s’est passé tout à la fin du ministère de Jésus, après son entrée messianique à Jérusalem, quelques jours avant sa Passion. Les synoptiques le racontent plus succinctement et mettent dans la bouche de Jésus deux citations de prophètes : Is 56, 7, (ma maison sera une maison de prière) ; Jr 7, 11, (vous en avez fait une caverne de bandits). Chez Jean, cet épisode se situe au début de l’évangile (après les noces de Cana et l’inauguration des signes, avant l’entretien avec Nicodème), la narration est plus déployée, plus détaillée, la parole de Jésus est « ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic », après quoi les Juifs lui demandent un « signe » et il répond en faisant une mystérieuse allusion à sa propre mort et résurrection.

 

L’évangile, mis en lien avec la fête de saint-Jean-de-Latran, nous lance donc un appel à la vigilance, mais aussi à l’espérance. En effet, si Dieu réside dans ce lieu qu’est l’église, il nous faut veiller à ne pas en faire un lieu de trafic. De temps en temps, par une sainte et juste colère, Jésus vient y remettre de l’ordre. Les moments de crise sont des moments de purification et peuvent être vécus comme des moments de grâce, de guérison. Et si des forces – intérieures autant qu’extérieures – s’acharnent à vouloir « détruire » ce temple, appuyons-nous sur le signe que nous donne Jésus en nous annonçant qu’en trois jours il le relèvera. Car l’église Corps du Christ est issue de la puissance de sa résurrection. Quelles que soient nos faiblesses humaines, nous pouvons puiser dans cette conviction notre assurance humble et audacieuse et notre légitime joie d’appartenir à ce grand corps mystique, à cette grande communion de sainteté.

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