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Partage d'Evangile

Dédicace

17 Novembre 2011 , Rédigé par sr Thérèse-Marie Publié dans #La Parole - source d'espérance

Méditation pour la fête de la dédicace de l'Eglise de notre monastère

 

2 Ch 5,6-8.10.13-6,2 ; Ps 45 ; Eph 2,19-22 ; Mt 16, 13-19

 

Dans quelques heures il y a aura exactement 25 ans que le bloc de pierre que nous avons coutume de voir en ce lieu, est devenu autel pour le service de la liturgie. Et à cette occasion l’église de ce monastère toute fraîchement repeinte, qui avait déjà été consacrée par les années de prière de nos sœurs, a été elle aussi consacrée par ce rite appelé dédicace !

Belle occasion pour nous aujourd’hui, de rendre grâce, belle occasion de reprendre conscience s’il en était besoin de ce que représente un lieu consacré.

En christianisme, il n’y a aucune magie, aucune mainmise sur Dieu, qui ferait qu’au bout d’une recette connue de quelques druides  ou sorciers, Dieu serait rendu présent.

Notre Dieu est le Dieu des grands espaces, comme le chante Noël Colombier. Notre Dieu est souverainement libre de se manifester comme il l’entend, et de résider où il l’entend ! Et merveille, il choisit de venir à notre rencontre.

Au livre des Chroniques, le récit de la montée de l’arche d’alliance dans le temple édifié par Salomon, est assez cocasse. Des chants, des danses, des sacrifices… on a tout bien organisé, et les prêtres s’apprêtent à une liturgie grandiose… mais voilà que Dieu vient remplir le temple d’une telle nuée que les prêtres sont obligés d’interrompre le culte ! Le culte est un des chemins de l’homme vers Dieu, non un absolu ! Et surtout pas une mainmise sur Dieu. Et quand Dieu se manifeste, le culte qui n’était que sacrement s’interrompt… le sacrement n’est plus nécessaire pour dire la présence puisque Dieu lui-même est là !

Autre révélation de ce texte des Chroniques : le temple va abriter l’arche de l’alliance. Le texte des Chroniques prend soin alors de préciser qu’il n’y avait rien dans l’arche, sinon les tables de la loi. Il n’y avait rien, autrement dit, n’allez surtout pas croire qu’on y a enfermé Dieu, pour vous le rendre accessible… comme prétendaient les auteurs spirituels du XIXème siècle qui nommaient Jésus le divin prisonnier de nos tabernacles ! [1]

Non, les pierres sont là, les autels sont là, les lieux consacrés au Seigneur sont là en simples signes qui nous rappellent, chacun à leur manière : souviens-toi, il y a Dieu et cela suffit ! Souviens-toi il y a Dieu, et en rejoignant le peuple qui se rassemble en ce lieu, tu es appelé à former le corps du Christ. Tu es appelé à lui offrir l’espace de ta vie, comme nouvelle crèche pour une nouvelle incarnation.

St Paul dit aux Ephésiens qu’ils ne sont plus des étrangers, des gens de passage, mais qu’ils sont maison de Dieu. Où est Dieu ? non point tant dans nos temples de pierre, que dans ces temples de chair que nous sommes ; et la marque de la présence de Dieu, est que tous sont accueillis, qu’il n’y a plus d’étranger… nous serons véritables maison de Dieu, lorsque nous ne manierons plus l’exclusion, le rejet, lorsque nous servirons la communion. Célébrer la dédicace de cette église c’est nous rappeler ce projet que Dieu a avec nous, et cette tâche qu’il nous confie : il  souhaite faire de nous son corps ! Il  désire nous tisser en communion, avec lui, avec ceux et celles qui passent en ce lieu, avec ceux et celles qui en d’autres lieux ont eux aussi accueilli ce rêve de notre Dieu.

Ce jour est votre fête, ce jour est fête de la communion qui se tisse toujours plus profondément entre toute l’humanité dans laquelle Jésus un jour s’est incarné et dans laquelle le ressuscité reste sans cesse présent.

 

 



[1] par exemple : J.‐M. Buathier, dans Le Sacrifice, Paris, 1885 (6° édition) : enseveli comme un mort dans le suaire des espèces (p. 123)., le divin, prisonnier du ciboire (p. 147). Ou le Bienheureux J Eymard (La divine Eucharistie. Extrait des écrits et des sermons du T. R. P. Eymard, 1ère série, la présence réelle. Tourcoing, 1871; 10 édition, 1887 : le Prisonnier d’amour : il lui est impossible de briser ses liens, de quitter sa prison eucharistique; il est notre prisonnier pour jusqu'à la fin des temps !... (p. 85).  Voir l’article du Père A.M. Roguet : LES A‐PEU‐PRÈS DE LA PRÉDICATION EUCHARISTIQUE

(Extrait de « La Maison‐Dieu », page 179‐190)

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