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Partage d'Evangile

Confiance

7 Août 2011 , Rédigé par sr Marie-Jean Publié dans #La Parole - source d'espérance

 

 

19e dimanche du Temps Ordinaire Année A (2011)

 

 

 1 R 19, 9... 13 ; Ps 84 ; Rm 9, 1-5 ; Mt 14, 22-33

 

 

Nous fêtions hier, chers sœurs et frères, la fête de la Transfiguration du Seigneur, manifestation par excellence de Jésus aux disciples qu’il avait choisis.

En ce dimanche, la liturgie nous présente une autre manifestation de notre Dieu et nous découvre quelques traits de son visage.

Oui, nous chante le psalmiste :

« Son salut est proche de ceux qui le craignent

et la gloire habitera notre terre »

 

Dieu ne se tient pas loin de nous ; au contraire, il nous assure de sa proximité.

Il s’est révélé dans l’Ancienne et la Nouvelle Alliance… et il se révèle aujourd’hui encore.

Voyons ces trois temps de la révélation.

 

Dans la Première Alliance, le Premier Livre des Rois raconte la manifestation du Seigneur à son prophète Elie.

Elie, homme passionné de son Dieu, « rempli d’un zèle jaloux pour le Seigneur Sabaot »[1].

Cette manifestation de Dieu, cette théophanie, se présente sous plusieurs aspects dans le récit.

Au négatif d’abord, lorsque Dieu n’est ni dans « l’ouragan, fort et violent », ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu.

Ces différents vecteurs de révélation étaient attestés dans la tradition.

En effet, Dieu s’est manifesté à son peuple sous ces formes spectaculaires, par des déchaînements de la force de la nature.

Mais Dieu se manifeste aussi au positif à Elie.

Le texte dit : dans « le murmure d’une brise légère », que l’on pourrait aussi traduire « dans la voix d’un silence ténu ».

Face à cette expression inédite de Dieu (« la voix… d’un silence »), le prophète « se couvrit le visage avec son manteau », car, selon la pensée juive, nul ne peut voir Dieu sans mourir[2].

Avec Elie, une étape est franchie.

Dieu renonce à exprimer sa présence par le déchaînement de la nature : il lui préfère une manifestation discrète.

Dieu choisit une autre façon de parler à son peuple.

Tout en témoignant de sa maîtrise des forces de la nature, Dieu confirme son Alliance en ouvrant un espace de silence où son prophète et lui-même peuvent se dire.

Dans ce silence qui est ouverture au dialogue, Dieu exprime sa proximité…

 

Dans la Nouvelle Alliance, que Jésus scelle dans l’Evangile, les forces de la nature se déchaînent également.

La nuit, un vent contraire, une barque sur la mer, battue par les vagues.

Dans la culture biblique, la mer symbolisait les forces du mal, elle qui fut maîtrisée jadis par Dieu lors de la création :

« Ici se brisera l’orgueil de tes flots »[3], disait le Seigneur dans le livre de Job.

Et, dans le sillage du Dieu créateur, Jésus vint vers ses disciples « en marchant sur la mer ».

Peur et bouleversement des disciples, qui s’exclament : « C’est un fantôme ! »

 

Jésus peut alors se révéler à eux : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur ! »

A l’audace de Pierre : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau », Jésus répond : « Viens ! ».

 

Cette invitation, que Jésus adressa à Pierre, s’adresse à nous aujourd’hui.

C’est le troisième temps de la manifestation du Seigneur, de sa théophanie.

Dieu s’est manifesté à Elie.

Il s’est manifesté à Pierre.

Il se manifeste pareillement à nous.

Et nous pouvons reconnaître sa présence.

Aujourd’hui, chacun et chacune de nous est invité par Jésus à marcher sur l’eau pour aller à lui.

L’expérience de Pierre et des disciples est la nôtre aujourd’hui.

Chacune de nos vies a ses nuits, ses vents contraires, ses vagues qui font chanceler la barque.

Face à ces situations d’inquiétudes, de peurs ou d’instabilités, deux alternatives nous sont proposées : se laisser guider par la peur ou par la confiance.

 

Allons-nous nous laisser envahir par la nuit qui nous entoure ou pourrons-nous discerner la présence de celui qui nous appelle ?

Allons-nous voguer au gré du vent qui nous menace ou regarder le Christ ?

Allons-nous nous laisser ballotter par les vagues ou contempler Jésus ?

En ce jour, nous sommes conviés à faire acte de foi, à risquer le pari de la confiance, à croire en la proximité de notre Dieu.

Foi en la parole de Jésus : « Viens ! »

Foi aux appels que nous lui lançons et qui ne restent pas sans réponse : « Seigneur, sauve-moi ! »

Foi en son secours qui jamais ne fait défaut : « quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba ».

 

Oui, gardons les yeux fixés sur le Christ, lui le Fils de Dieu, plus puissant que toutes les forces de mort qui peuvent nous menacer : il ne nous laissera jamais tomber !

 

« Dieu seul est mon rocher, mon salut :

d’en haut, il tend la main pour me saisir,

il me retire du gouffre des eaux ».

 

Amen


 

[1] 1 R 19, 10.

[2] Jg 13, 22.

[3] Jb 38, 11.

 

 

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