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Partage d'Evangile

Cachée avec le Christ

8 Septembre 2011 , Rédigé par sr Marie-Raphaël Publié dans #Témoins d'espérance

8 septembre : Nativité de Marie

 

Cette fête de la nativité de Marie est très ancienne. D’abord en Orient, puis en Occident, où elle est attestée à partir du 8ème siècle. Sa date correspond à celle de la Dédicace d’une basilique bâtie à l’endroit où la tradition plaçait la maison de sainte Anne

Fêter un anniversaire, c’est important, c’est une façon de se rappeler que tout a commencé un jour précis de l’histoire, une façon de se situer dans une lignée, par rapport à ceux qui précèdent et par rapport à ceux qui suivent, une façon de rendre grâce pour le don de la vie. Il est tout normal que l’Église ait eu envie de célébrer la naissance de Marie. Un cantique byzantin donne à Marie, pour cette fête, le titre de « terre du ciel ».

 

Mais qui est-elle ? Quand est-elle née ? Quel âge avait-elle quand l’ange la visita ? Les évangiles nous donnent des généalogies de Jésus. C’est une façon claire de le situer dans l’histoire des hommes. Il y a une longue continuité qui remonte jusqu’à l’ancêtre Abraham, jusqu’au père de tous les hommes, Adam. Mais cette généalogie est celle de Joseph, pas de Marie. En parlant de Marie, soudain, Matthieu et Luc introduisent une rupture dans la continuité, une fraîcheur, une nouveauté. Voyez comment Luc introduit Marie dans son récit : « une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David, et cette jeune fille s’appelait Marie ». De Joseph, nous savons donc qu’il est de la maison de David, de lignée royale. Mais de Marie, nous ne savons rien, sinon qu’elle était fiancée à Joseph. Matthieu n’en dit pas plus que Luc.

 

Les chrétiens des premiers siècles ont aimé imaginer davantage les origines de Marie. Ils ont produit la tradition qui aboutit à plusieurs évangiles apocryphes, dont le protévangile de Jacques, écrit vers le milieu du 2ème siècle et évoquant les parents de Marie, Joachim et Anne. Joachim était lui aussi de la maison de Juda, il était un riche berger, le couple était stérile.

Mais l’Écriture reste discrète. Comme s’il était de la nature de Marie de s’effacer devant le grand mystère qui se déroule en elle. On pourrait très bien appliquer à Marie ce verset de la lettre aux Colossiens que nous avons entendu hier : « votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire «  (Col 3, 3-4).

Elle est le fruit d’une longue attente messianique qui a façonné patiemment l’espérance d’Israël. Cette attente messianique est évoquée par le prophète Michée, parlant aussi de la mère du Messie comme « celle qui doit enfanter », avec une discrétion qui correspond tout à fait à la personnalité de Marie. D’après cette prophétie, le Messie à venir sera issu de Bethléem Ephrata, donc de la maison de David. Il deviendra le « berger » de ses frères et leur permettra de vivre en sécurité. Michée lui donne un attribut tout particulier : « lui-même, il sera la paix ».

La mère du Messie est donc mère de la paix. Sa discrétion, son humilité vont dans le même sens. Et l’oraison de ce jour nous le propose aussi en disant : « puisque la maternité de la Vierge Marie fut pour nous le commencement du salut, que la fête de sa nativité nous apporte un surcroît de paix ». Accueillons cette paix et rendons grâce à Dieu pour la douceur de Marie, si humaine en sa divine maternité.

 

Sr Marie-Raphaël (8 sept 2011)

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